Comment êtes-vous devenue gouvernante générale ?
Après mon BTS à l’école hôtelière de Chantilly, j’ai voulu découvrir toutes les facettes du métier de housekeeping dans différents types d’hôtellerie : le Bel Ami à Paris – un 5 étoiles avec une centaine de chambres –, ou encore le Hilton Arc de Triomphe, un 500 chambres où j’ai été gouvernante d’étage, puis assistante coordinatrice. J’ai ensuite évolué avec l’ouverture d’un MGallery à Trouville-sur-Mer, puis celle d’un établissement Esprit de France comme gouvernante générale.
Qu’est-ce qui vous a plu dans ce métier ?
Cela consiste à gérer toute la partie opérationnelle de l'hébergement, des chambres et des lieux publics, et donc à manager des équipes composées de gouvernantes, femmes de chambre, jardiniers, équipiers polyvalents, lingères… Il faut arriver à fédérer les équipes, à savoir composer avec chacun, peu importe sa culture. Il faut aussi pouvoir enchanter une expérience client, faire la différence, surprendre dans les détails. Par exemple, vaut-il mieux déposer les chaussons à la sortie du lit ou à l’entrée de la chambre ? Au service de couverture, vaut-il mieux ouvrir la couette complètement ou la border ? Quelles empreintes olfactives choisir ? C’est une réflexion sur le parcours client.
Quelles sont les principales difficultés du métier ?
C'est la partie recrutement, car on a de moins en moins de personnes qualifiées sur le marché de l'emploi. Ce sont aussi des métiers physiquement intenses, on est amené à beaucoup marcher.
Quelles sont les qualités pour être gouvernante générale ?
Il faut être organisé, rigoureux, savoir prioriser, anticiper les situations, détecter les anomalies et être juste par rapport à ses équipes. Le management, bienveillant et participatif, est la clé du rendu qualité d'un établissement. Il faut aussi avoir la capacité à trancher, décider et assumer. Il faut avoir le sens de l'observation concernant les habitudes des clients. Par exemple, si un client part tous les jours à la même heure faire son footing, il faut penser à lui offrir une bouteille d'eau.
Pourquoi avez-vous voulu passer le concours MOF ?
J’avais envie de voir où j’en étais de mes compétences, et d’aller encore plus loin. Cela m’a demandé deux ans de préparation. J’étais gouvernante générale au Lavorel Hôtel à Chantilly quand j’ai passé le concours MOF. Après, j’ai eu de belles propositions dans des palaces. Mais j’ai préféré celle du Yacht Club de Monaco : la direction était intéressée par le fait que j'aie un oeil très rigoureux et que je puisse transposer une rigueur et tout le savoir-faire à la française au sein du club. C’est un poste très exclusif qui me sort de ma zone de confort.
Le Yacht Club de Monaco en quelques mots ?
Le Yacht Club de Monaco est un club privé emblématique qui conjugue l’art de vivre la mer, sport et hospitalité. Il dispose de trois restaurants, d’un bar, de cinq chambres réservées exclusivement à ses membres, ainsi que d’un espace wellness comprenant fitness, piscine et sauna. L’ensemble est animé par près de 200 collaborateurs, engagés au quotidien pour offrir un niveau de service conforme aux standards les plus exigeants.
Vous êtes aujourd’hui responsable qualité. En quoi consiste votre poste ?
Je m’occupe de l’expérience membre sur l'intégralité des services : l’art de recevoir, les attitudes des collaborateurs, l’agencement intérieur du Club, l'expérience sensorielle, les arts de la table... Il faut apporter une vision sur chaque détail : l'aménagement et l’amélioration des espaces, le mobilier, le design… Pour ce travail, les bases sont les mêmes que ce que je faisais en housekeeping. On ne se met quasiment pas de barrières : il faut toujours se remettre en question et aller plus loin. On nous demande la perfection et de trouver des nouveautés. À ce propos, nous proposons des cours autour de l’univers du yachting dans notre académie, La Belle Classe Académie. Ce sont des métiers peu mis en avant, alors que ce sont les mêmes bases que dans une école hôtelière. Cela permet de s’ouvrir vers de nouveaux horizons.
Que diriez-vous à un jeune qui voudrait se tourner vers les métiers du housekeeping ?
Je lui conseillerais d’être curieux, de tester, de ne pas se donner de limites, d’être passionné et d’avoir un regard différent.
Publié par Violaine BRISSART
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