Il faut se méfier des vents d’ouest. Ils peuvent souffler fort ! Après le lancement d’une campagne maladroite de sensibilisation aux méfaits de la drogue, c’est bien du Finistère que le vent de la colère s’est levé. “Tout est un désastre dans ce clip : la cuisine sombre, les casseroles qui volent, les flammes qui jaillissent, le climat de terreur, le chef violent qui va dans son vestiaire consommer de la drogue, la musique est oppressante. Je n’en ai pas dormi de la nuit après le premier visionnage. J’ai ensuite fait une lettre ouverte pour la presse et écrit à Thierry Marx, président du principal syndicat de la profession. J’ai aussi visionné un autre clip de la série qui tourne sur les réseaux. Une femme sur un ordinateur avec une expression de victime, la musique est douce, elle va aux toilettes prendre la cocaïne. Elle inspire de la compassion. Le traitement est bien différent. Mais qui est derrière cette campagne de dénigrement qui nous vise ? J'attends des explications”, s’emporte Corinne Moy, restauratrice depuis 10 ans à Brest. “Si je suis parent et que je vois ces images, j’interdis à mes enfants de travailler dans ce secteur présenté comme un repère de toxicos violents”, ne décolère pas Thomas Le Corre-Barido, gérant de la crêperie le KinaWa, à Port-La-Forêt (Finistère).
Cette campagne de dénigrement n’est pas une première !
“Dans le Finistère, nous nous sentons trahis car nous avons beaucoup œuvré avec la MIDELCA (ndlr. : Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives qui élabore, anime et coordonne la stratégie gouvernementale de lutte contre les conduites addictives) pour mettre en place des actions concrètes contre l’usage de drogues. Nous avons immédiatement saisi nos députées, Annaïg Le Meur et Sandrine Le Feur, pour mettre fin à cette campagne diffamante”, s’indigne Hubert Jan de l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) du Finistère, alors que Franck Chaumès, qui dirige la branche restauration nationale du syndicat, précise : “Cette campagne n’est pas nouvelle. Le même clip horrible qui met en scène un cuisinier cocaïnomane tournait déjà sur les réseaux il y a deux ans. Nous sommes intervenus vivement pour y mettre fin avec succès grâce, à Laurent Lutse à qui j’ai succédé. Voilà que cette même vidéo réapparaît ! Pourquoi ne pas prendre pour décor l’hémicycle où des députés sortiraient pour prendre des « rails de coke » ? Eux aussi sont exposés au stress et pourraient être tentés de relancer la machine avec de la cocaïne pour achever plus vite une session parlementaire. L’addiction des politiques est désormais bien documentée !”
Lien vers le clip dont les syndicats professionnels demandent le retrait immédiat
Publié par Francois PONT
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