L’art du service et de l’accueil a longtemps façonné le prestige de l’hôtellerie française. Nommé à la direction générale du Royal Mansour Casablanca en 2024, pour accompagner la renaissance de ce palace mythique, Laurent Roussin a le sentiment de retrouver au Maroc une flamme qu’il croyait en partie éteinte. “J’ai l’impression de revivre des choses que j’ai touchées il y a trente ans, avec une jeunesse qui ne compte pas ses heures, qui est passionnée et qui a une soif d’apprendre incroyable”, confie-t-il.
“Pur produit” des grandes maisons hexagonales, Laurent Roussin revendique un double bagage. D’un côté, un savoir‑faire en restauration et en hôtellerie, forgé pendant vingt ans au sein du groupe Barrière jusqu’à devenir jury du concours du meilleur ouvrier de France catégorie maître d’hôtel, ainsi qu’au Royal Evian dont il a endossé pendant huit ans la direction générale. De l’autre, une culture de la transmission, nourrie par des années d’enseignement en CFA auprès d’apprentis. “On veut trop former des managers tout de suite. Avant d’être manager, il faut d’abord être un bon serveur”. Et d’insister sur l’importance de l’expérience pour gérer les équipes, surtout quand, comme à Casablanca, elles atteignent 600 salariés répartis sur 30 étages : “On ne s’invente pas directeur parce qu’on a un BTS et trois stages, lâche‑t‑il. On le devient parce qu’on connaît sa salle, sa brigade, et qu’on a appris à aimer ce métier.”
Un terrain de jeu idéal pour l’hospitalité
Installé depuis deux ans à Casablanca, le dirigeant estime trouver un terrain presque idéal pour jouer cette partition. Il décrit un pays “extrêmement accueillant et sensible”, doté d’un sens aigu de l’hospitalité, qu’il s’emploie à structurer au sein du Royal Mansour. Là où, en France, le contexte social et la fatigue pèsent sur les équipes, il observe à Casablanca des collaborateurs prêts à adhérer au projet de l’établissement, pourvu qu’on leur donne du sens et un environnement bienveillant : “Il s’agit de les rendre plus forts, pas de les dégoûter du travail.” Le dirigeant va même jusqu’à évoquer une “énergie de jeunesse” qui lui rappelle ses débuts de serveur, quand la passion du métier primait sur tout le reste : “Ici, je retrouve la flamme du métier”
La combinaison entre cette convivialité marocaine et la rigueur des codes internationaux du luxe produit, au sein de la collection Royal Mansour, également présente à Marrakech et Tamuda Bay, quelque chose de “magique, détonant et naturel” : “Le Maroc a un savoir‑faire que nous, Européens, n’avons plus toujours, une richesse de cœur et une résilience incroyables. Et cela fait toute la différence”, insiste-t‑il.
Publié par Roselyne DOUILLET
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