(1) Qualité : où faut-il mettre le curseur ?
> Un juste équilibre à trouver
"Le gérant d’un hôtel 3 étoiles ne va pas forcément opter pour une literie d’entrée de gamme et celui d’un 5 étoiles ne va pas d’emblée sélectionner une literie de grand luxe." C’est le constat de Jonathan Davy. Si le prix guide la majorité des choix, il revient au fabricant de s’adapter au budget tout en proposant "une literie qui convienne au plus grand nombre". Jonathan Davy parle d’un "juste équilibre" à trouver. Pour cela, "lorsque l’hôtelier essaie un lit, il ne doit pas juste s’asseoir dessus – ce qui est trop souvent le cas –, mais s’y allonger", préconise le spécialiste.
(2) Matelas : sur quels critères le choisir ?
> Le confort d’abord
Pour le matelas, ce qui convient à la majorité des poids et des morphologies, c’est "un confort ferme". Puis, pour affiner la sélection, Jonathan Davy va jouer sur l’épaisseur du matelas : "24 à 25 cm pour des hôtels 3 et 4 étoiles, mais plutôt 27 à 28 cm pour des établissements 4 et 5 étoiles."
(3) Surmatelas : l’accessoire obligatoire ?
> Effet cocooning garanti
Pour davantage de confort encore, le surmatelas peut faire la différence. Il va alors apporter "un effet cocooning, sans casser le côté ferme", explique Jonathan Davy.
(4) Sommier : faut-il le cacher ?
> La valeur ajoutée d’un habillage sur mesure
Le sommier s’habille. Surtout en hôtellerie haut de gamme. Parce que cela apporte une touche finale à la literie et une touche déco à la chambre. Il ne faut pas hésiter à demander conseil au fabricant sur le tissu le plus pertinent, voire le plus résistant, à adopter.
(5) Couettes et oreillers : comment les sélectionner ?
> L’atout des matières naturelles
Forme et fermeté sont les deux premiers critères de sélection d’un oreiller. Si Jonathan Davy apprécie la mémoire de forme – matériau qui réagit à la chaleur et à la pression pour épouser les contours de la tête avant de reprendre sa forme initiale –, il souligne l’intérêt des oreillers en matières naturelles (coton, plumes, duvets, latex…), "car ils sont 4 fois plus durables – avec une durée de vie de 10 ans en moyenne – qu’un oreiller en synthétique". Un bémol : "Ils sont aussi 2 à 3 fois plus chers." Même scénario avec les couettes.
(6) Durabilité : quelle est la durée de vie d’une literie d’hôtel ?
> Les limites du long terme
"Si un lit dure en moyenne une dizaine d’années chez les particuliers, sa durée de vie peut se prolonger jusqu’à 14 ans chez un hôtelier", observe Jonathan Davy. Pour le fabricant, au bout de 10 à 12 ans, il devient pertinent de revoir la literie d’un hôtel, "même si le matelas reste quelque chose qui ne se voit pas". Mais le client le sent et le ressent.
(7) Réparabilité et recyclabilité : une literie peut-elle avoir une deuxième vie ?
> Rien ne se jette !
En général, un matelas ne se répare pas. Ou si c’est le cas, cela risque de coûter plus cher que l’achat d’un neuf. En revanche, un matelas usé peut être recyclé et, ainsi, servir à l’isolation des maisons, par exemple, ou être transformé en énergie, une fois incinéré. Quant au sommier, il peut se réparer selon les cas. Sinon, il part, lui aussi, dans un cycle de recyclage.
(8) Lève-lit : l’outil qui change tout pour la femme de chambre ?
> La solution contre les troubles musculosquelettiques
Il s’appelle Ergoly. En version manuelle ou électrique et compatible avec toutes les marques de literie, ce lève-lit facilite le travail des femmes de chambre, évite de se baisser et limite, ainsi, le risque de troubles musculosquelettiques (TMS). Ergoly répond aussi aux attentes des hôteliers en termes de RSE et de bien-être du personnel. La recommandation de Jonathan Davy : "S’il faut poser Ergoly dans plusieurs chambres, voire dans tout un hôtel, mieux vaut profiter des périodes de fermeture de l’établissement pour le faire." Il rappelle, par ailleurs, que des aides financières existent pour acquérir ce lève-lit. À l’instar de la Subvention Prévention des risques ergonomiques, issue du Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (FIPU), opérationnel depuis 2024.
(9) Calendrier : à quel moment, d’une construction ou d’une rénovation d’hôtel, la literie est-elle évoquée ?
> À chacun son "timing"…
"Le plus souvent, la literie est le dernier élément de la chambre que l’on évoque. Si bien qu’elle arrive à la fois en fin de chantier et en queue de budget", regrette Jonathan Davy. Le seul cas où la literie est abordée assez tôt dans un projet, "c’est lorsqu’il y a une chambre témoin à réaliser".
Publié par Anne EVEILLARD
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